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Eleveurs et animaux : des relations sans souffrance

Jocelyne Porcher

Le rapport que nous entretenons, nous éleveurs, avec les animaux fait de plus en plus l'objet de questions de la part des consommateurs et des gens que nous accueillons sur la ferme. Justement, une récente émission de "Terre à Terre" diffusée sur France Culture le 14 mai 2016 donne des clés de compréhension, par la voix de son invitée Jocelyne Porcher, sociologue directrice de recherche à l'INRA.

Le lien entre les humains et les animaux domestiques ?

Aujourd'hui, il n'est pas rare que le fait de dire qu'on mange de la viande provoque des réactions d'hostilité et de défense de la cause animale. Certes, s'indigner des conditions d'abattage déplorables constatées dans certains abattoirs ou s'offusquer des vaccinations d'animaux à grande échelle avec des vaccins non testés, se justifient. Mais il s'agit surtout d'une réaction contre un système industriel. Dans un système à taille humaine, il en va autrement.

Le bien-être animal est une notion qui est née dans les années 1980 à l'initiative des biologistes, dont le but était d'améliorer le système industriel sans en changer ni le sens ni les conditions de travail. On s'est cantonné aux dires des biologistes en occultant toutes préoccupations relevant des sciences sociales.

France Culture - Terre à terre

Or, une relation de travail existe entre l'homme et l'animal. On oublie la souffrance des éleveurs qui est là aussi et on oublie les hommes associés dans le bon développement des animaux. Le bien-être animal n'existe pas sans satisfaction de l'homme. La domestication de l'animal par l'homme a produit une richesse que les défenseurs du bien-être animal pensent voir disparaitre.

Le lien de domestication est remis en cause pour défaire le lien de travail entre homme et animal, alors que, par ailleurs, on développe des fonctions animales très spécifiques (chiens pour aveugles, chiens d'avalanches...). C'est une dynamique contradictoire. Une chose est sûre : un animal n'est pas un homme et le seul lien qui les unit est le travail. L'animal a sa vie entière liée à la production.

A l'instar de toutes relations de travail, celles que l'éleveur entretient avec les animaux de la ferme peuvent, soit faire preuve de respect, d'écoute et d’intelligence, soit être fondées sur la violence et l’instrumentalisation. Dans les systèmes de productions animales industrielles, la souffrance est si présente qu'éleveurs et animaux ne peuvent pas être heureux ensemble.

Les banquiers, les techniciens des coopératives agricoles et les vétérinaires ont tous collaboré au développement de ce système industriel, au XIXème siècle puis dans les années 1950 (antibiotiques, vaccins, médicaments à outrance). Résultat : au vu des taux de suicides des éleveurs et des vétérinaires qui sont 2 à 3 fois plus importants que la moyenne nationale (chiffres USA), le bilan des systèmes industriels est dramatique car ils oeuvrent contre les animaux. Les exploitations qui vont à l'encontre de l'idéologie productiviste connaissent des relations saines entre humains et animaux, et chaque partie se sent bien.

Vous pouvez réécouter l'émission Terre à Terre - "Blues des Experts : Jocelyne Porcher" du 14 mai 2016 sur France Culture :

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